Bruxisme

Normalement, les dents n’entrent en contact les unes contre les autres qu’une vingtaine de minutes par jour, lorsque nous mâchons et lorsque nous déglutissons. Le reste du temps la mâchoire est relâchée et les dents ne se touchent pas. Dans le cas contraire, on parle de bruxisme.

Ce bruxisme peut prendre plusieurs formes: les muscles sont en permanences contractés et le patient serre les dents (bruxisme centré) avec la plupart du temps des douleurs à la mâchoire ressenties au réveil, ou alors les muscles effectuent des mouvements rythmiques (bruxisme décentré) et le patient réalise un grincement des dents bruyant qui réveille souvent le conjoint.

L’origine de ce phénomène peut être struturelle (dysharmonie entre le calage des dents entre elles et la position de repos des articulations temporo-mandibulaires par exemple), ou fonctionnelle (avec le facteur stress très souvent en cause) et peut s’exprimer la nuit uniquement, le jour uniquement ou les 2.

On dispose d‘outils thérapeutiques très différents selon l’origine du bruxisme, mais il est vrai que le diagnostique de départ n’est pas toujours facile à poser. C’est pourquoi il est fréquent que certains patients aient eu des consultations et des traitements chez différents praticiens avant de trouver l’outil qui leurs convienne. L’important étant de ne pas se décourager. Parfois même est nécessaire une approche thérapeutique pluridisciplinaire (ostéopathie, orthophonie, kinésithérapie de la mâchoire, …).

La pose d’une orthèse (souvent appelée « gouttière » par les patients) est très souvent envisagée au départ pour soulager mais elle s’inscrit dans un plan de traitement plus complet. il en existe de nombreux types différents selon le diagnostique de départ et elle sont réadaptées tout au long du traitement.

La moitié des personnes qui bruxent le font sans s’en rendre compte et le découvrent lors du bilan de contrôle chez le dentiste à cause de l’usure prématurée des dents que ça entraîne ( on peut avoir à 35 ans des dents usées comme une personne de 75 ans).

Malocclusion

L’occlusion des dents est le nom qu’on donne aux contacts des dents les unes avec les autres. La malocclusion est donc une anomalie de position des dents suffisamment importante pour gêner les fonctions de la mâchoire: mastication, phonation, élocution, déglutition,… Il est donc important de corriger les malocclusions dentaires non pas seulement pour des raisons esthétiques mais aussi pour prévenir les problèmes fonctionnels ultérieurs (luxation des articulations temporo-mandibulaires, certains types de bruxisme , acouphènes, douleurs de la nuque, etc…)

Apnée du sommeil

Si elle n’est pas traitée, l’apnée du sommeil peut avoir de graves répercussions sur la santé (diabète, hypertension, AVC, maladie cardiaque…) et impacter la qualité de vie (somnolence, baisse de la vigilance, troubles de l’humeur…). Le problème se manifeste durant le sommeil: le relâchement des tissus mous de la gorge provoque l’obstruction des voies respiratoires supérieures. L’air ne circule plus et la respiration s’interrompt quelques secondes. La fréquence, la longueur des apnées et le préjudice subi (par exemple la désaturation en oxygène du sang) doivent d’abord être mesurés lors d’un bilan de sommeil chez un somnologue (=praticien qui s’est spécialisé dans le sommeil: ça peut être un ORL , un pneumologue,… ). Une fois le diagnostic posé, il existe plusieurs façons de traiter l’apnée du sommeil. En général, l’intervention d’un chirurgien-dentiste se fait par la réalisation d’une orthèse d’avancée mandibulaire qui permet de ré-ouvrir le passage de l’air dans les voies aériennes supérieures en positionnant la mâchoire plus ouverte et plus en avant la nuit. Le port de cet appareil dentaire sur mesure (orthèse de traitement du SAOS = Syndrome d’Apnées Obstructives du Sommeil) est souvent mieux toléré que les masques à pression positive qui propulse de l’oxygène durant le sommeil avec une machine relativement bruyante. Quelque-soit le traitement envisagé, son efficacité devra ensuite être confirmée lors d’un nouveau bilan chez le somnologue.

Acouphènes/Migraines

Il est normalement reconnu que les acouphènes (sifflements/bourdonnements continus) sont principalement associés aux lésions des cellules ciliées de l’oreille interne. Cependant, les acouphènes peuvent également être entraînés par des problèmes dentaires. Ce type d’acouphène est somatosensoriel comme les autres types d’acouphènes qui sont associés aux tensions musculaires, principalement dans les zones de la nuque et de la mâchoire. La mâchoire se comporte un peu comme dernier amortisseur de tensions musculaires, fasciales et articulaires et peut induire des micro-tensions au niveau des os  temporaux (et notamment par le ligament disco-malléolaire qui relie le disque de l’articulation temporo-mandibulaire  au marteau de l’oreille moyenne et influant le muscle tenseur du tympan).

Une approche par thérapie manuelle permet dans ce type d’indication de réduire fortement les acouphènes voir même parfois totalement s’ils sont récents et de type bourdonnement. Elle peut éventuellement être associée au port d’une orthèse nocturne (= »gouttière ») pour repositionner la mâchoire dans une posture plus fonctionnelle la nuit.

Pathologie de l’articulation temporo mandibulaire

Vous souffrez de douleurs chroniques de la mâchoire, du visage , de la tête , du cou ou des épaules? Cette douleur peut être causée par des troubles de l’ATM. Le syndrome de dysfonctionnement de l’articulation temporomandibulaire (ATM) est une pathologie musculo-squelettique , caractérisée par des craquements et des douleurs au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire avec parfois une limitation de l’ouverture buccale et/ou une pathologie crânio-mandibulaire. Le plan de traitement de ce syndrome peut inclure des médicaments pour soulager la douleur et relaxer la mâchoire, des exercices de déprogrammation neuro-musculaires, de la physiothérapie, un traitement par orthèse (souvent appelée « gouttière » par les patients), un  traitement orthodontique  ou très rarement une chirurgie de l’ATM. De même que pour le bruxisme, le plus difficile est de poser un diagnostique étiologique précis afin de trouver le plus rapidement possible l’outil thérapeutique qui conviendra le mieux à chacun.